Artistes et œuvres

Martin John Callanan, We Wanted to Mean Something, 2020, Mac mini et programme, deux écrans 19 pouces, imprimante laser couleur, papier 120g, bois et peinture acrylique, dimensions variables, conception de l’installation Thierry Fournier et Pau Waelder. Vue d’exposition, Selphish, Mécènes du sud Montpellier-Sète, 2020.

Martin John Callanan
We wanted to Mean Something

Martin John Callanan explore la place des individus vis-à-vis de systèmes, au sens large. Composée de deux écrans et d’une imprimante, sa pièce We Wanted to Mean Something confronte des posts Instagram de la participante exposée avec des événements d’actualité survenus à la même date. À intervalles réguliers, le dispositif affiche sur le premier écran un nouveau post. Il recherche alors un évènement survenu le même jour, l’affiche sur le deuxième écran et l’imprime.Les impressions sur papier envahissent progressivement le sol de la salle. Le dispositif amplifie et met en exergue la dimension fondamentalement publique de toute participation sur les réseaux sociaux, ainsi que l’absurdité du rapprochement entre posts privés et événements sociétaux. Comme de nombreuses autres œuvres de l’artiste, We Wanted to Mean Something crée un dispositif pour rendre une totalité visible mais paradoxalement inatteignable, mettant en exergue la finitude de la vie humaine.

Les œuvres de Martin John Callanan ont été exposées et publiées à l’échelle internationale ; il a récemment reçu le prestigieux Prix Philip Leverhulme triennal en arts visuels 2014-17, pour ses recherches exceptionnelles, et en septembre 2015, il a été nommé Alumni de l’année pour l’excellence en arts par la Birmingham City University. Callanan est actuellement en résidence à la Banque d’Angleterre.

Expositions personnelles récentes : Noshowspace, Horrach Moya, Casal Solleric, Baltic 39, et Or Gallery, Berlin. Son travail a été exposé à White Cube, Galerie Christian Ehrentraut, V2, Arts Santa Mònica, James Cohan Gallery, Es Baluard Modern and Contemporary Art Museum, Whitechapel Gallery, ZKM Karlsruhe, Ars Electronic Centre, ISEA, FutureEverything, La Terrasse Nanterre, Art Exchange, LIFT 2014, Battersea Arts Centre, Kunstverein Springhornhof, Riga Centre for New Media Culture, Whitstable Biennale, Imperial War Museum North et publié par Book Works.

Martin John Callanan est titulaire d’un baccalauréat spécialisé en communication visuelle (photographie) de l’Université de Birmingham City en 2003 et d’une maîtrise en beaux-arts de la Slade School of Fine Art de Londres en 2005, où il est actuellement en congé de recherche de son poste de chargé de cours en beaux-arts à la Slade School of Fine Art, University College London et membre du Slade Centre for Electronic Media in Fine Art (SCEMFA). Callanan est membre de la Royal Society of Arts (FRSA).

www.greyisgood.eu


Alix Desaubliaux, Géographies, 2020, série de onze vidéos (1080p couleur, stéréo, durées 11’20, 09’08, 09’11, 10’09, 09’19, 09’40, 09’48, 11’14, 10’07, 08’32, 07’38), série de onze sculptures, plexiglas, bois et peinture acrylique, dimensions variables, conception de l’installation en collaboration avec Thierry Fournier et Pau Waelder. Vue d’exposition, Selphish, Mécènes du sud Montpellier-Sète, 2020.

Alix Desaubliaux
Géographies

Alix Desaubliaux explore l’évolution de la notion d’identité à travers le jeu et la fabrication numérique. Son installation Géographies associe une série de onze vidéos et onze sculptures. Chaque vidéo est une déambulation dans un niveau de jeu vidéo, composé avec les images des posts de la participante exposéee. Cet univers artificiel est projeté en très grand format, face à une série de sculptures miniatures : des impressions 3D en céramique de chacun des niveaux créés pour chaque participant·e, posées et mis en lumière sur deux plateaux en plexiglas. Géographies s’éloigne ainsi d’une vision littérale des images et des textes des posts, pour évoquer le rêve ou le fantasme d’un univers proliférant, qui serait exclusivement composé d’images de soi, à la fois monumental et éphémère.

Alix Desaubliaux est diplômée de l’École nationale supérieure d’art de Nancy avec les félicitations en 2016. Elle vit et travaille à Lyon où elle mène actuellement des recherches au sein de l’unité de recherche numérique de l’ENSBAL. Alix Desaubliaux développe une pratique protéiforme, de l’impression 3D et la céramique, à la chimie, l’électronique et la création de jeux vidéos. Elle explore la relation que les êtres humains construisent avec les entités virtuelles et matérialise ces échanges par des dispositifs expérimentaux. Elle met en dialogue ces agents virtuels, la matière minérale, les machines Do It Yourself et les personnages de jeux vidéos ainsi que leurs mythologies. Quel regard projetons-nous sur ces entités qui font désormais pleinement partie de notre monde? Quel peut être leur manière d’être et leur façon de nous regarder ?

Sa recherche théorique explore les problématiques liées à la matérialité, les environnements, les frontières et les comportements des agents et des joueurs en jeu, à travers des narrations expérimentales. Elle tente de construire des connexions entre le numérique et la biologie à travers des analogies entre le monde et la psychologie animale, les écosystèmes et tente d’avoir une approche spéculative et poétique d’un genre d’éthologie numérique.

www.alixdesaubliaux.fr


Lauren Lee McCarthy, Autocomplete, 2020, Mac mini et programme, structure bois, écran 30 pouces et pied d’écran, chaise, tablette, plantes artificielles, bois, peinture acrylique et aérosol, dimensions 250 x 250 x 250 cm. Vue d’exposition, Selphish, Mécènes du sud Montpellier-Sète, 2020.

Lauren Lee McCarthy
Autocomplete

Lauren Lee McCarthy aborde les transformations des relations interpersonnelles à travers les technologies. Son installation Autocomplete invite les visiteurs·euses à s’installer sur un cyclorama bleu évoquant un plateau de photographie, muni d’un mobilier aux couleurs pastel qui rappelle une salle de consultation médicale. La personne qui s’asseoit se voit alors poser une série de questions sur un écran face à elle, auxquelles elle peut répondre avec un clavier. Le langage de ces messages emprunte aux registres de la relaxation ou du développement personnel, invitant à la concentration, au lâcher-prise… Mais certaines phrases et images s’avèrent extraites du flux des posts de la participante exposée. Au terme de l’échange, la dernière réponse ira en réalité s’inscrire dans les commentaires d’un de ses posts, ce qui crée une sorte de conversation disjointe et impossible entre inconnus. On retrouve ici des figures caractéristiques de l’artiste, comme les brouillages entre intime et public provoqués par des irruptions technologiques (LAUREN, 2017), l’ironie critique née du contraste entre les environnements cools et ouatés de la net economy et leur dimension dystopique, ainsi que des protocoles fictifs qui évoquent par l’absurde ceux auxquels nous nous soumettons quotidiennement.

Artiste, programmeuse et chercheuse, Lauren Lee McCarthy concentre son travail sur les relations sociales dans un monde médiatisé par des technologies connectées et dominé par la surveillance, l’automatisation et la vie algorithmique. Elle est la créatrice de p5.js, un langage de programmation open source, et professeure adjointe à UCLA Design Media Arts.

Sa pratique s’intéresse aux interactions entre personnes au moyen d’objets intelligents, tels qu’une table qui permet aux utilisateurs d’évaluer discrètement la qualité d’une conversation, une extension de navigateur qui adapte les flux Facebook aux émotions que l’utilisateur veut ressentir, une application dans laquelle les utilisateurs peuvent demander à être suivis par un étranger, ou un ensemble d’appareils ménagers intelligents qui permettent l’artiste de devenir l’assistante personnelle d’une internaute. Mc Carthy explore ici de façon ludique le design de produits de consommation tout en introduisant une composante performative qui entraîne des interactions signifiantes.

Son travail a été exposé dans le monde entier, notamment à Ars Electronica, Barbican Centre, Fotomuseum Winterthur, SIGGRAPH, Onassis Cultural Center, IDFA DocLab, Science Gallery Dublin, Seoul Mediacity Bienniale au Seoul Museum of Art et au Japan Media Arts Festival, et elle a participé à des installations pour le London Eye, le US Holocaust Memorial Museum et le Lincoln Center for Performing Arts. Elle a reçu des subventions de la Knight Foundation, de la Online News Association, de la Mozilla Foundation, de Google AMI, de Sundance Institute New Frontiers Labs, de Turner Broadcasting et de Rhizome. Elle est titulaire d’une maîtrise en beaux-arts de l’UCLA et d’une licence en informatique et d’une licence en art et design du MIT.

www.lauren-mccarthy.com